Pourquoi achète t-on encore des vêtements ?

Pourquoi paraitre quand on peut être ? Les sirènes de la consommation me font croire qu'avec telle robe, tel baskets je serai plus ceci, plus cela, mais qui je suis est déjà parfait.
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La vague du Black Friday bat son plein et ces mots de l’artiste Olivia Steele sonnent comme un rappel : TOUT CE DONT VOUS AVEZ BESOIN EST EN VOUS.

Olivia Steele Everything You Need Is inside You
oeuvre d’Olivia Steele

Cette nouvelle robe ne me rendra pas plus séduisante : la confiance en soi est la plus belle des robes.
Ces baskets de marque ne me donneront pas plus de valeur : ce qui sort de ma bouche est ma réelle valeur.
Quelle liberté quand on cesse de vouloir paraitre, de vouloir plaire, de vouloir se conformer. Quelle légèreté quand on est pleinement et entièrement soi-même : ce moment de grâce où on arrive à s’en foutre de ce que les autres vont penser.
J’avoue désormais j’éprouve un sentiment de puissance à voir passer les offres promotionnelles, les soldes – avec de très beaux vêtements que je pourrais acheter- et voir qu’au fil du temps je m’en détourne plus facilement qu’avant.

Les sirènes du paraitre, de l’achat pour être plus ceci ou cela ne m’envoutent plus.

C’est un travail de longue haleine, et avec mon passif de fashion victime, j’ai accroché ces mots à ma penderie comme un rappel à l’ordre, un rappel à l’être.

rappel à l’ordre sur ma penderie

J’ai l’impression que ce serait un peu comme d’être à une soirée avec plein de fumeurs et de ne plus être tentée d’allumer une cigarette.
C’est ce sentiment de fierté que j’éprouve depuis que je ne cède plus à toutes ces tentations pourtant si alléchantes. Chaque non achat, même pendant les ventes privées est une victoire !
Bien sûr j’achète encore des vêtements, mais le style passe désormais après l’éthique. Je n’achète quasiment plus sans la garantie que la personne qui a fabriqué ce vêtement, même à l’autre bout du monde n’a pas été payée correctement.
Je n’achète presque plus, quand je sais qu’en lavant ce vêtement des particules de plastiques (polyester, polyamide, viscose…) se déverseront dans l’océan.
Et je dois avouer, cet engagement provoque un effet sur mes interlocuteurs, qu’aucune robe au monde ne pourrait me donner.
Et sans confusion, je continuerai d’aimer la mode, de ne jamais la classer au rang de superficielle, et je continuerai à prendre autant de plaisir à me changer 5 fois avant de sortir.



Nina Helleboid - Rédactrice Mode